Entretien avec Louis Berghmans
Les actualités du premier trimestre 2026 - Version française
COMPRENDRE LES MARCHÉS. AGIR EN CONSÉQUENCES.
Dans cette vidéo, Louis Berghmans, Directeur commercial chez TreeTop, revient sur les principaux enseignements du premier trimestre 2026. Il partage sa lecture des marchés dans un environnement incertain, entre risques et opportunités émergentes.
Le Japon était, pendant trente ans, l’exemple que tout le monde citait pour expliquer pourquoi les marchés actions pouvaient ne jamais se remettre. Le Nikkei avait atteint son sommet en 1989. Il a fallu trente-quatre ans pour qu’il retrouve ce niveau.
Et puis, en février 2026, ce même indice a franchi les 59 000 points. Un nouveau record historique. Quatre semaines plus tard, il avait perdu près de 15 %. À la clôture du trimestre, il était en hausse de 1,4 % sur l’année.
Un seul marché. Un seul trimestre. Trois réalités complètement différentes.
LES FAITS DU TRIMESTRE
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran. Le pétrole a dépassé les 100 dollars. Les marchés ont corrigé partout.
Le S&P 500 a perdu 4,6 % sur le trimestre. Le Nasdaq, 7,1 %, avec les « Magnificent Seven » en recul de 12 %. L’Inde, très dépendante de ses importations énergétiques, a cédé près de 15 %. L’Europe, soutenue par la défense et l’énergie, a mieux résisté : moins 1,5 %.
L’or a joué au yo-yo : près de 5 000 dollars pendant la crise, puis nettement en retrait. C’est un marché étroit, dominé par les achats des banques centrales, où la liquidité disparaît précisément quand on en a besoin. L’or rassure dans les gros titres. Dans un portefeuille, il se comporte rarement comme on l’espère.
Le schéma général est clair : les marchés les plus chers et les plus concentrés ont été les plus touchés. La concentration de l’indice mondial, 25 % dans dix valeurs technologiques, n’était plus un risque théorique.
LE PARALLÈLE DES ANNÉES 70
La comparaison qui revient partout, c’est 1973. Guerre du Kippour, embargo pétrolier, prix du brut multiplié par quatre. Ensuite : une chute de 48 % du S&P, et dix ans de stagnation économique et d’inflation monétaire.
La parallèle fonctionne dans les deux sens. Mais elle est trompeuse si on la pousse trop loin.
En 1973, le pétrole représentait 46 % de l’énergie primaire mondiale. Aujourd’hui, 34 %. Les renouvelables couvrent 13 à 14 % du mix et sont compétitives. Le même choc a un impact plus faible.
En revanche, les États sont dans une position beaucoup plus fragile. La dette américaine : 33 % du PIB en 1973, 124 % aujourd’hui. Chaque hausse de taux de 100 points de base coûte 300 milliards de dollars par an au Trésor américain. La marge de manœuvre budgétaire a fondu.
LE MIRAGE DES MARCHÉS PRIVÉS
Face à cette volatilité sur les marchés cotés, trois réflexes sont fréquents. Se réfugier dans les obligations d’État. Basculer vers le crédit privé. Ou miser sur le private equity. Ces trois options partagent un même défaut : elles cachent la réalité des prix.
Les obligations souveraines ?
Vous prêtez à des États endettés à 124 % de leur PIB, dont les intérêts annuels approchent déjà les 1 000 milliards de dollars, et dont la seule sortie à terme est l’inflation ou la répression financière. C’est un actif à rendement fixe dans un monde où l’inflation est le risque principal.
Le crédit privé ?
Le marché a quintuplé depuis 2008, pour atteindre 3 000 milliards de dollars. Les rendements affichés sont attractifs, 8 à 10 % par an, et les courbes de performance ont l’air lisses. Sauf que cette stabilité est une illusion comptable. Ces fonds ne sont pas valorisés au prix du marché mais sur la base de modèles internes. Quand le fonds de gestion américain Saba Capital a proposé de racheter des parts de Blue Owl, il les a valorisées 20 à 35 % en dessous de la valeur déclarée. Le taux de défaut réel, restructurations incluses, approche les 5 %, pas les 2 % affichés. Et plusieurs grands gestionnaires ont plafonné les retraits à 5 % par trimestre.
Le private equity ?
Selon Bain & Company, le secteur est assis sur 3 800 milliards de dollars d’actifs non vendus. Les durées de détention ont atteint sept ans, contre cinq il y a peu. L’argent ne revient plus aux investisseurs : les distributions en pourcentage de la valeur sont à leur plus bas niveau depuis que ces données sont mesurées, quatre années consécutives sous les 15 %. Pour générer des sorties artificielles, les gestionnaires utilisent des « continuation funds » et des prêts adossés aux actifs du fonds : de l’endettement pour simuler des gains. Le résultat ? Sur la période 2022-2025, le private equity américain a rapporté environ 5,8 % par an. Le S&P 500, plus de 11 %.
Le point commun de ces trois refuges : l’absence de volatilité visible. Mais l’absence de volatilité n’est pas l’absence de risque. C’est l’absence d’information. Et quand l’information finit par apparaître, elle apparaît en bloc, sous forme de portes fermées, de décotes de 35 %, et de restructurations silencieuses.
CE QUE NOUS FAISONS
Chez TreeTop, notre réponse à cette réalité est simple : nous investissons dans des actions cotées en bourse. Des actifs liquides. Valorisés chaque jour. Visibles.
Nous investissons à l’échelle mondiale, dans tous les secteurs de l’économie, y compris ceux que d’autres évitent par confort. Nous cherchons des entreprises de qualité à des prix raisonnables. Pas les plus chères, pas les moins chères : celles qui offrent le meilleur rapport entre ce qu’on paye et ce qu’on obtient. Et nous n’avons aucune exposition au crédit privé, au private equity ou à d’autres actifs illiquides. Zéro.
La leçon des années 70, c’est que les économies s’adaptent. Les entreprises aussi. Elles ajustent leurs prix, réduisent leurs coûts, réorientent leurs investissements. Posséder ces entreprises, c’est posséder la capacité d’adaptation elle-même.
Le placement le plus lisse en apparence est souvent le plus dangereux. Mieux vaut voir la réalité chaque jour que la découvrir le jour où l’on essaie de sortir.
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Données et informations au 25 mars 2026. Publiée par TreeTop Asset Management SA, une Société de gestion d'OPCVM agréée conformément aux dispositions du Chapitre 15 de la Loi luxembourgeoise du 17 décembre 2010.